– L'autonomie du droit de la preuve en matière fiscale. – La preuve fiscale se caractérise par une certaine souplesse tempérée par des exigences particulières. Le droit de la preuve en matière fiscale ne peut être fait ni d'une simple application du droit général de la preuve prévu par le Code civil, ni d'une simple application du principe de liberté de la preuve en droit administratif. Ce droit est ainsi un droit autonome : la recherche de la vérité matérielle de l'impôt motive une forme libérale de la preuve. Néanmoins, ce principe doit être encadré par des règles strictes :
- pour garantir les droits du contribuable, qui trouvent leur origine dans la garantie constitutionnelle du droit de propriété1176 et celle des droits de la défense garantissant toute décision administrative arbitraire1177 ;
- pour permettre à l'administration de lutter contre la fraude fiscale afin que chaque citoyen respecte et exécute son obligation de contribution aux finances de la Nation1178.
Cette recherche d'équilibre entre deux intérêts antagonistes, l'appétit de l'État d'un côté, l'anorexie du contribuable de l'autre, justifie des règles spéciales et autonomes applicables aux questions de la charge (§ I) et de l'administration (§ II) de la preuve en matière fiscale.