– La prescription de l'action en réparation. – S'agissant d'une action personnelle et mobilière, l'action en responsabilité délictuelle contre le notaire au titre de la violation de son obligation de délivrance de conseil se prescrit par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer734. Cette règle, semblant limpide au demeurant, appelle deux observations.
- S'agissant du point de départ de la prescription, celui-ci est constitué du jour où celui qui se prétend victime a connu ou aurait dû connaître le dommage, le fait générateur de responsabilité et son auteur, ainsi que le lien de causalité entre le dommage et le fait générateur735. La Cour de cassation apporte deux précisions quant à la détermination de ce point de départ glissant de la prescription :
- lorsqu'un contentieux remet en cause un acte pour lequel un notaire est intervenu, le point de départ de la prescription de l'action en réparation est la date à laquelle la décision juridictionnelle en question est devenue irrévocable736. Dès lors, la date de signification des conclusions d'une partie revendiquant un droit ne peut constituer le point de départ de la prescription737 ;
- la Haute juridiction décide que la prescription quinquennale de l'action en responsabilité court à compter de l'acquisition du caractère définitif de la décision de l'administration fiscale qui a été l'élément déclencheur de la manifestation du dommage subi par le client738.
- S'agissant du régime de la prescription, la réforme de 2008741 a permis d'aménager conventionnellement la prescription sur certains sujets. Dès lors, il est possible d'abréger un délai de prescription, sans qu'il ne soit inférieur à un an, et de prévoir des causes d'interruption ou de suspension742. Toutefois, en matière de prescription de l'action en réparation du préjudice, deux écueils doivent être mis en lumière :
- de telles clauses ne peuvent être stipulées entre professionnels et non-professionnels743 ;
- de telles clauses ne peuvent agir sur l'élément essentiel de la question de la prescription, à savoir le point de départ de la prescription.
Dès lors, lorsque le notaire traite de sujets fiscaux avec des clients professionnels, outre la difficulté de définition d'un « professionnel », il n'en demeure pas moins que ces aménagements conventionnels de la prescription de l'action en réparation du notaire en matière de délivrance d'un conseil fiscal avisé semblent inopportuns à stipuler.