– L'analyse pluridisciplinaire : quelle nécessité pour le notaire ? – Dans la recherche de stratégies d'anticipation et de prévention des risques fiscaux, l'analyse pluridisciplinaire en pool regroupant plusieurs professionnels de spécialités différentes est souvent présentée comme une piste de réflexion, voire une solution. Qu'en est-il réellement ? Selon les indications fournies par la Caisse de garantie de la profession, la fiscalité est une source de sinistre et de responsabilité relativement faible par rapport à d'autres domaines d'intervention du notaire. Les statisticiens de la Caisse de garantie constatent une relative insignifiance des sinistres liés à la fiscalité, et le plus souvent ces sinistres sont eux-mêmes d'une gravité mesurée. La sinistralité liée à la fiscalité demeure donc contenue et ne constitue pas un sujet de préoccupation majeure des assureurs de la profession. Plusieurs raisons expliquent ce constat rassurant :
- Tout d'abord, le notaire maîtrise globalement bien le droit fiscal et ses modalités d'application. La formation universitaire initiale, préparatrice à l'obtention du diplôme d'habilitation aux fonctions de notaire, contient un volet fiscal robuste, de nature à armer correctement le candidat notaire à l'application de la fiscalité. L'obligation professionnelle de formation continue oblige par ailleurs le notaire à enrichir et actualiser en permanence ses connaissances en droit et notamment en droit fiscal. L'offre de formation proposée par les instances et organisations professionnelles est à cet égard d'un haut niveau. L'écosystème notarial permet ainsi au notaire de bénéficier d'une diversité de services de grande qualité en matière fiscale. Outre les formations organisées localement par les Chambres, les CRIDON, le CNAF, les travaux des Congrès et ceux de la section fiscale de l'IEJ dépendant du Conseil supérieur du notariat sont des organes professionnels créés et financés par et pour la profession, afin de satisfaire ce besoin d'excellence fiscale dans la pratique notariale.
- Ensuite, le notaire est en général un professionnel du droit assez prudent. Dans un souci de sécurité juridique et fiscale, autant dans l'intérêt du client que du sien propre, pour ne pas engager inutilement sa responsabilité, le notaire est peu enclin à s'aventurer sur des terrains fiscaux inconnus ou escarpés et à mettre en œuvre des opérations mal assurées. L'humilité est ici une bonne digue contre les débordements de responsabilité. Admettre les limites de sa compétence n'est pas un aveu d'incompétence, mais un signe de sagesse et de professionnalisme. Si la jurisprudence tend, dans un système d'indemnisation garanti par des institutions financières, à présumer le notaire omniscient, la réalité est tout autre. Le notaire est un homme comme un autre et nul ne saurait être omniscient.