La liquidation du régime matrimonial est une étape préalable nécessaire et déterminante dans la fixation des droits de succession. Elle permet de distinguer les biens propres et communs, d'évaluer les créances et dettes entre époux, et de calculer l'actif net taxable. Les règles applicables varient selon le régime matrimonial, avec des implications spécifiques pour les régimes communautaires et séparatistes. L'administration fiscale précise dans la base BOFiP : « Ainsi plus encore que celle des autres droits d'enregistrement, la perception de ces droits est étroitement liée à l'application des règles du droit civil, plus spécialement de celles qui régissent la dévolution des successions et, indirectement mais nécessairement, la liquidation des régimes matrimoniaux »1163. Par ailleurs, la détermination de la part nette successorale revenant aux héritiers est faite conformément aux règles de droit civil relatives à la dévolution de la succession et aux dispositions de dernières volontés du défunt, indépendamment des principes du droit fiscal relatifs à la détermination de l'assiette des droits de mutation par décès1164. Trois axes permettront de mettre en lumière les difficultés concrètes auxquelles le praticien se trouve confrontées lors de la liquidation conjointe du régime matrimonial et de la succession :
- le régime matrimonial et ses aménagements conventionnels (§ I) : une liquidation nécessitant la prise en compte des avantages matrimoniaux, des récompenses et des créances entre époux, ainsi que l'analyse de leurs incidences fiscales ;
- la gestion des avantages matrimoniaux : l'action en retranchement (§ II) : contrôle de leur portée en présence d'enfants non communs et enjeux civils comme fiscaux autour de l'action en retranchement ;
- la réintégration des récompenses (§ III) : source récurrente de difficultés pratiques en raison de leur impact direct sur l'actif taxable, particulièrement lorsque la liquidation n'a pas été réalisée lors du premier décès.