– Partage verbal et époux divorçant par consentement mutuel ? – Une réponse du ministre de l'Économie au député Vincent Descœur235, relative à la possibilité pour des époux divorçant par consentement mutuel de vendre les biens immobiliers dépendant de la communauté et de s'en répartir le prix pour présenter à l'homologation du juge un partage ne faisant pas mention de cette répartition de fonds236, a fait réagir de nombreux juristes. Cette réponse ministérielle avait été précédée d'une réponse ministérielle du 22 janvier 2013237 dans laquelle le ministre de l'Économie concluait « Par suite, le partage verbal entre époux du produit de la vente d'un immeuble commun qui intervient avant un divorce par consentement mutuel n'est pas soumis au droit de partage ». Cette vision purement fiscale de la matière ne doit pas faire oublier que le divorce par consentement mutuel s'inscrit dans une procédure civile particulière dans laquelle les intérêts des époux doivent être protégés. L'obligation pour chacune des parties d'être assistée par un avocat le démontre suffisamment. Dans ce type de divorce les époux doivent être informés et conseillés. La preuve de ce conseil et de cette information est incompatible avec l'existence d'un partage verbal de tout ou partie des liquidités détenues par les parties. L'article 229-3 du Code civil, issu de la loi no 2016-1547 du 18 novembre 2016 qui a créé le divorce par consentement mutuel sans recours au juge, précise que la convention signée par les avocats et déposée par le notaire au rang de ses minutes comporte « les modalités du règlement complet des effets du divorce » et « l'état liquidatif du régime matrimonial ». Ainsi, il faudra mentionner dans l'état liquidatif la totalité des avoirs des époux, ainsi que les récompenses et autres créances pouvant exister. Se contenter d'indiquer dans la convention que les époux se sont déjà partagés les biens, y compris le prix de vente d'un bien commun, sans liquidation, n'est pas conforme aux exigences de ce texte. De même, procéder à un partage de la communauté avant sa dissolution n'est pas possible faute d'indivision entre les époux. La dissolution de la communauté est liée au divorce, ainsi que le précise l'article 1441 du Code civil. Certains avocats attirent l'attention de leurs clients sur le risque de contrôle fiscal lié au partage verbal238 et notamment :