Le partage avec soultes et plus-values

Le partage avec soultes et plus-values

Rapport du 122e Congrès des notaires de France - Dernière date de mise à jour le 31 janvier 2026
– Quand y a-t-il partage avec soultes et/ou plus-values ? – À côté du partage pur et simple existe le partage avec soulte ou plus-value. Il s'agit de l'hypothèse où un attributaire reçoit un lot d'une valeur supérieure à sa part virile dans la masse à partager. La soulte permet de rétablir l'égalité entre les copartageants. Dans un partage avec plus-value, un copartageant reçoit des biens d'une valeur supérieure à ses droits sans que la soulte permette de rétablir totalement l'égalité. La notion de soulte se décompose entre soulte directe et soulte indirecte ainsi que le précise le BOFiP 267. La soulte directe correspond à la soulte effectivement reçue ou payée, la soulte indirecte renvoie à l'inégale prise en charge du passif par l'un des lots.

Partage avec soulte

Un bien immobilier partagé de 100 000 €, sur lequel deux copartageants ont des droits identiques de moitié, reçoivent le premier un lot d'une valeur de 60 000 € et le second un lot d'une valeur de 40 000 €. Il y a plus-value pour le premier attributaire. Si l'égalité est rétablie au moyen d'une somme d'argent, le partage devient un partage avec soulte. Dans l'hypothèse ci-dessous, le premier attributaire devra verser une soulte de 10 000 € au second attributaire pour rétablir l'égalité. Le montant de la plus-value comme celui de la soulte sera de 10 000 €.
Masse à partager100 000 €
Droits de chacun : moitié1/2
Soit50 000 €
Attributaire 1Attributaire 2
Lot60 000 €40 000 €
Soulte– 10 000 €+ 10 000 €
Montant net de son attribution50 000 €50 000 €
– Quels sont les effets civils et fiscaux d'un partage avec soulte ? – En droit civil le partage est déclaratif, même s'il a lieu avec soulte ou plus-value. Il ne contient pas de transmission entre copartageants. Cela signifie que chaque copartageant est réputé être seul propriétaire des biens à lui attribués dès le jour de la naissance de l'indivision et corrélativement n'avoir jamais eu aucun droit sur les biens attribués aux autres copartageants. En droit fiscal le partage est réputé translatif à concurrence des soultes et plus-values. En conséquence, le droit de vente sera perçu sur le montant des soultes ou plus-values et en contrepartie le montant des soultes et plus-values sera déduit de l'actif net partagé pour la liquidation du droit de partage.

Exemple de partage avec soulte

De sorte que dans l'exemple ci-dessus il sera perçu :
  • Au titre du droit de partageActif partagé : 100 000 €À déduire soulte : – 10 000 €Base de taxation : 90 000 au taux de 2,50 %.
  • Au titre du droit de venteBase de taxation : 10 000 € au taux de 6,30665 % (ou TVA)(montant de la soulte)
Droits d'enregistrement :
  • Droit de partage : 90 000 € × 2,50 % = 2 250 €
  • Droits de vente : 10 000 € × 6,60665 % = 661 €
  • Total : 2 911 €
– Quel est le taux applicable ? – Il est ci-dessus fait application du régime normal prévu à l'article 747 du CGI. Si l'acte de partage porte à la fois sur des immeubles et des biens meubles, il faudra procéder à une ventilation de la soulte conformément aux dispositions de l'article 735 du CGI268. En pratique c'est le régime spécial prévu à l'article 748 du CGI qui est le plus fréquemment appliqué. Il s'agit du régime habituellement dénommé régime de faveur, s'appliquant dans les situations ci-dessus développées (V. supra, Sous-section I) : partage de succession, communauté, PACS... Les partages qui ne bénéficient pas du régime de faveur sont assujettis au droit de partage sur l'actif net partagé sans déduction des soultes ou plus-values. Dans l'exemple ci-dessus, le partage entraînera une taxation au taux de 2,50 % uniquement sur l'actif partagé, soit 100 000 €, sans déduction de la soulte de 10 000 €.