– Quelles sont les conditions d'application de l'abattement personne handicapée ? – L'article 779, II du CGI prévoit un abattement spécifique d'un montant actuel de 159 325 € s'appliquant aux droits de mutation à titre gratuit pour tout héritier, légataire ou donataire incapable de travailler dans des conditions normales de rentabilité en raison d'une infirmité physique ou mentale, congénitale ou acquise. Cet abattement ne se cumule pas avec l'abattement général visé au IV de l'article 788 du CGI et doit s'imputer prioritairement. En effet, la doctrine fiscale prévoit l'impossibilité de reporter un abattement applicable dès la première mutation à titre gratuit1310. Cet abattement est strictement personnel et ne peut donc pas bénéficier aux héritiers venant en représentation sauf à répondre eux-mêmes aux conditions1311. Pour l'application de cet abattement, il est précisé :
- qu'il est tenu compte de toutes les infirmités, congénitales ou acquises, existant au jour de la donation ou de l'ouverture de la succession1312 ;
- que l'héritier, légataire ou donataire, invoquant son infirmité, doit justifier que celle-ci l'empêche soit de se livrer dans des conditions normales de rentabilité à toute activité professionnelle, soit, s'il est âgé de moins de dix-huit ans, d'acquérir une instruction ou une formation professionnelle d'un niveau normal1313.
Aucun pourcentage d'invalidité n'est fixé et il n'y a pas à tenir compte, en principe, de la nature de l'infirmité, ni de sa cause ou de son ancienneté, pourvu qu'elle existe au jour de l'ouverture de la succession1314. Les textes et la doctrine fiscale ne prévoient pas de liste exhaustive des pièces justificatives à fournir. L'administration apprécie souverainement et librement dans chaque cas d'espèce les éléments produits1315. Le bénéfice de l'abattement impose que le redevable prouve le lien de causalité entre sa situation de handicap et le fait que son activité professionnelle ait été limitée et son avancement retardé ou bloqué1316.