– Comment gérer la succession d'un défunt absent ou disparu ? – La personne absente ne donne plus signe de vie mais son décès n'est pas certain, alors que le décès de la personne disparue est certain mais ne peut pas être constaté. Selon l'article 112 du Code civil, l'absence est la situation de ceux qui, éloignés de leur résidence habituelle, ont cessé de donner de leurs nouvelles depuis un temps plus ou moins prolongé et dont l'existence est incertaine. L'absence doit être déclarée judiciairement pour pouvoir ouvrir la succession juridiquement. Selon l'article 127 du Code civil, la transcription du jugement déclaratif d'absence sur les registres de l'état civil rend le jugement opposable aux tiers et constitue, dès lors, le fait générateur des droits de succession. L'article 88, alinéas 1er et 2 du Code civil dispose que lorsqu'une personne est disparue dans des circonstances de nature à mettre sa vie en danger et que son corps n'a pas été retrouvé, le décès de cette personne peut être judiciairement déclaré à la requête du procureur de la République ou des parties intéressées. La déclaration de succession d'un absent doit être déposée dans les six mois du jugement déclaratif d'absence (jour de la transcription sur les registres d'état civil), celle d'un disparu dans les six mois de la déclaration judiciaire de décès. À défaut de jugement déclaratif d'absence, la prise de possession des biens par les héritiers présomptifs est suffisante pour rendre l'impôt exigible. Il est donc recommandé en pratique d'obtenir un jugement déclaratif d'absence dès les conditions légales réunies, afin de sécuriser juridiquement la situation, plutôt que de se contenter d'une possession informelle des biens, sur laquelle l'administration fiscale peut se fonder pour rendre l'impôt exigible. L'administration peut établir cette possession par tous les moyens de preuve (une inscription des héritiers au rôle de la taxe foncière, rédaction de baux, tous actes impliquant la qualité de propriétaire1362…). L'héritier peut être confronté au retour potentiel de l'absent. Si l'existence de la personne déclarée absente est ultérieurement constatée judiciairement, les droits de succession acquittés du fait du jugement déclaratif d'absence peuvent être restitués, sous déduction de la fraction correspondant aux bénéfices tirés des biens par l'héritier pendant son absence. Cette jouissance est assimilée fiscalement à un usufruit temporaire évalué conformément aux dispositions de l'article 669, II du CGI relatives à l'estimation des usufruits à durée fixe1363. La demande de restitution doit être présentée comme une réclamation contentieuse, conformément à l'article R. 196-1 du LPF, à partir de la date de la constatation judiciaire de l'existence de la personne dont l'absence avait été déclarée et jusqu'au 31 décembre de la deuxième année suivante. L'administration admet toutefois que la réclamation soit recevable jusqu'au 31 décembre de la deuxième année suivant celle au cours de laquelle l'absent a repris possession de ses biens après son retour1364.