– Les réformes de 2001 et 2006. – Lorsqu'il est question de la réserve héréditaire sans autre précision, c'est très généralement de la seule réserve des descendants dont il s'agit. Rompant avec notre tradition juridique, la loi no 2006-728 du 23 juin 2006 est venue compléter la loi no 2001-1135 du 3 décembre 2001 en accordant au conjoint une réserve subsidiaire portant sur le quart en propriété en l'absence de descendants, codifiée sous l'article 914-1 du Code civil.
Ces lois ont été des réformes de compromis, le résultat d'une concession en commission mixte paritaire entre le droit de retour des ascendants proposé par le Sénat, traditionnellement favorable au lignage, et la réserve du conjoint défendue par l'Assemblée nationale. Il est aisé de reconnaître aujourd'hui qu'accorder une réserve héréditaire au conjoint survivant était probablement une erreur, bien qu'il soit évidemment difficile pour le législateur de revenir sur la création d'un droit présenté comme l'aboutissement d'un processus protecteur et sociétal. Mais, forts de vingt ans de pratique notariale et de jurisprudence, nous avons à présent le recul nécessaire pour dépasser les passions, lister les imperfections et procéder aux ajustements utiles.