– Un écrit obligatoire. – Si les futurs époux ne sont pas contraints de signer un contrat de mariage pour qu'un régime matrimonial s'applique à leur union, les futurs partenaires ont, quant à eux, l'obligation de conclure une convention de Pacs. Depuis la loi du 23 juin 2006, celle-ci peut être établie sous signature privée ou par acte authentique518.
La conclusion d'une convention
La conclusion d'une convention
Rapport du 121e Congrès des notaires de France - Dernière date de mise à jour le 31 janvier 2025
– Une comparution simultanée et personnelle. – Si les futurs partenaires ne peuvent se rendre simultanément chez le notaire pour la signature de la convention de Pacs, est-il possible que l'un d'eux établisse une procuration à l'effet de se faire représenter ? Aucune disposition n'envisage la possibilité pour un futur partenaire de donner mandat pour la conclusion d'un Pacs, contrairement au contrat de mariage519. Étant un contrat, il pourrait être légitime de penser que l'un des deux partenaires, voire les deux, puissent donner mandat à un tiers. Toutefois, « le notaire instrumentaire recueille la déclaration conjointe » des futurs partenaires, explicitant ainsi leur volonté de souscrire un Pacs520. Aucune disposition ne définit en quoi consiste cette déclaration conjointe reçue par le notaire. Par la loi no 2011-331 du 28 mars 2011, le législateur a simplement transposé la règle qui était applicable aux greffiers lorsqu'ils procédaient à l'enregistrement du Pacs. Une circulaire indiquait expressément qu'« en raison du caractère éminemment personnel de cet acte, [les futurs partenaires] ne peuvent recourir à un mandataire »521. Par analogie, il est raisonnable d'admettre que la conclusion d'un Pacs authentique, comme celle d'un Pacs sous signature privée, rend nécessaire la présence des futurs partenaires en raison de la déclaration conjointe.
– Les atouts de la forme authentique. – La forme notariée présente plusieurs avantages. D'une part, les futurs partenaires se voient délivrer, par un professionnel du droit, des conseils circonstanciés notamment sur le choix de leur « régime pacsimonial » selon leurs aspirations et leur situation familiale, professionnelle et patrimoniale522. La forme authentique permet, d'autre part, d'éviter tout risque de perte de la convention. Il arrive en effet assez régulièrement, à l'occasion d'une acquisition immobilière ou lors de la dissolution du Pacs, que les partenaires annoncent au notaire avoir égaré leur convention conclue sous signature privée. Le praticien est alors un interlocuteur privilégié pour les conseiller et envisager avec eux une convention modificative de Pacs « dans le but de déterminer non seulement le régime de Pacs à venir (séparation des patrimoines ou indivision des acquêts), mais encore d'indiquer, à cette occasion, le régime de Pacs applicable pour le passé »523. Si cette précision est utile dans la convention modificative de Pacs pour clarifier la situation entre les partenaires524, un créancier pourrait toutefois soutenir qu'ils étaient soumis à un autre régime qui lui est plus favorable, sous réserve d'en apporter la preuve.
Un Pacs sous signature privée obligatoirement conclu sous le régime de la séparation des patrimoines ?
Une convention de Pacs doit obligatoirement être conclue entre les futurs partenaires. En cas de silence dans celle-ci sur le régime juridique applicable aux partenaires, c'est celui de la séparation des patrimoines qui a vocation à s'appliquer par défaut525. En l'absence de conseils juridiques prodigués aux futurs partenaires lors de la signature du Pacs sous signature privée, un auteur préconise une application automatique du régime de la séparation des patrimoines en cas de conclusion d'un tel contrat526. Seul le recours à un acte authentique permettrait alors aux futurs partenaires d'opter pour l'autre régime de l'indivision d'acquêts. Cette proposition aurait pour conséquence, si elle était adoptée dans le cadre d'une réforme législative, d'éviter de s'interroger sur le régime applicable aux partenaires en cas de perte, par ces derniers, de la convention établie en la forme sous signature privée.