Les conséquences du choix

Les conséquences du choix

Rapport du 121e Congrès des notaires de France - Dernière date de mise à jour le 31 janvier 2025
– Conservation de la qualité. – Le cantonnement n'a pas d'effet sur le titre et la qualité du légataire. La transformation de la libéralité universelle en libéralité à titre particulier par exemple ne modifie pas les formalités d'ensaisinement et de délivrance. De même, s'agissant du passif, le légataire reste tenu ultra vires au niveau de l'obligation à la dette. Ainsi les créanciers peuvent le poursuivre quand bien même il ne recueillerait qu'un bien déterminé. En revanche, en ce qui concerne la contribution à la dette, c'est-à-dire dans les rapports entre débiteurs, il n'est tenu qu'à due proportion des actifs effectivement recueillis.
– À qui profite le cantonnement ? – L'abandon partiel de la libéralité par le gratifié ne profite pas à ses propres ayants droit, mais à ses cosuccesseurs selon leur vocation successorale. Le cantonnement du legs universel fait le bénéfice des héritiers ab intestat, celui du legs à titre universel ou particulier profite au légataire universel, à défaut aux héritiers, celui du legs conjoint au colégataire. Plusieurs situations sont donc à distinguer selon la qualité du gratifié.
– Le cas du conjoint gratifié. – Lorsque le gratifié est le conjoint, en présence de descendants, ce qu'il ne prend pas, par l'effet du cantonnement, revient aux enfants du défunt, à condition qu'il renonce concomitamment à ses droits légaux. La règle de l'article 758-6 du Code civil prévoit que les libéralités de l'époux s'imputent sur ses droits et, si ceux-ci sont inférieurs, qu'il recueille le complément dans la limite des quotités de l'article 1094-1 du même code. Cette configuration pourtant très classique nécessite par conséquent une précaution rédactionnelle de la part du notaire pour constater la renonciation aux droits légaux dans l'acte de cantonnement. Lorsque le gratifié est le conjoint en présence des ascendants privilégiés, le cantonnement profite aux père et mère. Là encore, l'acte doit constater sa renonciation aux droits légaux. Si le conjoint est à la fois héritier du tout et gratifié, il convient d'acter une renonciation successorale, combinée avec l'acceptation de la libéralité cantonnée permettant aux frères et sœurs d'hériter. À noter que la solution est la même pour tout légataire héritier.

Le cantonnement du conjoint gratifié

Le conjoint bénéficiaire d'une donation entre époux doit renoncer à ses droits légaux dans l'acte de cantonnement. Le notaire constatera le cantonnement, la renonciation aux droits légaux et l'acceptation des héritiers subséquents dans le même acte.
– Le concubin légataire. – Si le gratifié est le concubin ou le partenaire légataire universel, à titre universel ou particulier, le reliquat abandonné revient aux successeurs, légataires universels, ou héritiers appelés selon les règles des ordres et des degrés. Ainsi, le cantonnement ne profite jamais aux héritiers du gratifié, fussent-ils en ligne directe. Un concubin ne peut pas espérer transmettre à ses propres enfants, s'ils ne sont pas ceux du de cujus, en cantonnant sa libéralité.
– Les colégataires. – Si le gratifié bénéficie d'un legs conjoint, qu'il soit universel, à titre universel ou particulier, son cantonnement profite au colégataire et non pas aux héritiers, ni au légataire par défaut. Le testateur peut néanmoins prévoir d'encadrer la faculté de cantonner et désigner les bénéficiaires de ce cantonnement.