Qui peut déclarer ?

L'ingénierie notariale au service du projet de l'entreprise

Qui peut déclarer ?

Rapport du 118e Congrès des notaires de France - Dernière date de mise à jour le 31 janvier 2022
– Un déclarant très circonscrit. – Après ce bref rappel des évolutions législatives, nous aborderons les questions d'ordre technique et les points pratiques permettant d'utiliser au mieux cet outil à la disposition des citoyens et du notariat.
Pour voir ses biens immobiliers déclarés insaisissables, il faut d'abord être un entrepreneur individuel. L'affirmation peut paraître d'une affligeante banalité, mais cette première condition mérite quelques commentaires. Seules les personnes ayant personnellement la qualité d'entrepreneur pourront accéder à la protection. La propriété de l'entreprise elle-même n'a aucune influence sur ce point. Cela signifie que les entrepreneurs gérant partiellement ou totalement une entreprise pour le compte d'un tiers (location-gérance, entreprise gérée par un seul conjoint, indivision, société en participation) pourront bénéficier de la protection. À l'inverse, cela exclut de plein droit toutes les entreprises exploitées sous forme sociétaire :
  • que ces formes soient à responsabilité limitée ou non (y compris les sociétés civiles professionnelles, et même les sociétés en nom collectif)201 ;
  • et ce quand bien même les dirigeants (ou associés) seraient juridiquement assimilés à des indépendants, ou directement responsables sur leurs biens de leurs actes professionnels (on pense notamment aux professionnels libéraux dont l'activité professionnelle est exercée dans le cadre d'une société, et qui pourtant disposent en plus d'une identification personnelle au répertoire Sirene).
Au-delà de cette exigence, l'entrepreneur doit être immatriculé à un registre de publicité à caractère professionnel202, ou relever des professions indépendantes non immatriculées203.

L'écran de la personnalité morale restreint la protection

Les associés des sociétés, y compris ceux y exerçant leur activité professionnelle ou responsables des dettes sociales, ne peuvent pas bénéficier du régime de protection.
– Décès de l'entrepreneur. – Le décès de l'entrepreneur peut soulever des difficultés au regard du devenir de cette déclaration d'insaisissabilité. L'article L. 526-3 in fine du Code de commerce prévoit que le décès emporte révocation de la déclaration. En conséquence, les saisies nées postérieurement au décès retrouveront les effets habituels.
– Créance postérieure au décès. – Une difficulté intervient en présence d'un créancier professionnel, titulaire d'une créance née postérieurement à la publication de la déclaration mais antérieurement au décès, qui a initié une saisie avant le décès. Ce cas n'a, à ce jour, pas été tranché par la jurisprudence. Il sera conseillé au créancier de renouveler sa saisie après le décès, dans la mesure où la déclaration d'insaisissabilité n'aura plus d'effet.
– Insaisissabilité et régime matrimonial. – Enfin, pour clôturer cette question, précisons que pour l'entrepreneur marié, si le bien dépend d'une communauté il pourra seul le déclarer insaisissable dans la mesure où il s'agit d'un acte de conservation et non de disposition. Si le bien est indivis, seule la quote-part indivise appartenant à l'entrepreneur pourra être déclarée insaisissable.