Lorsque le surfinancement résulte du remboursement des échéances d'emprunt

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Lorsque le surfinancement résulte du remboursement des échéances d'emprunt

Rapport du 118e Congrès des notaires de France - Dernière date de mise à jour le 31 janvier 2022
– Créance contre l'indivision. – Dès lors qu'un indivisaire a financé le bien au-delà de sa quote-part de propriété, et ce par le remboursement des échéances d'un prêt, la Cour de cassation a admis à son profit l'existence d'une créance contre l'indivision sur le fondement de l'article 815-13, alinéa 1er du Code civil081.
Les conséquences pour celui qui a surfinancé sont les suivantes : d'une part, dès qu'est établie une dépense qui excède la quotité, le droit à créance est présumé ; d'autre part, s'agissant d'une créance contre l'indivision et non d'une créance entre indivisaires, l'intégralité des dépenses d'acquisition engagées par chacun des indivisaires doit être portée en compte.
Le calcul de la créance sur le fondement de l'article 815-13, alinéa 1er du Code civil sera égal à la plus forte des deux sommes entre le profit subsistant et la dépense faite, ainsi que l'a confirmé la Haute juridiction082.
– Exemples chiffrés.

La contribution aux charges du mariage – immeuble indivis des époux séparés de biens – dépenses d'investissement – immeuble de rapport – créance contre l'indivision

Au cours de l'union, A et B, époux séparés de biens, acquièrent un bien immobilier en indivision, à hauteur de moitié chacun. Le bien est acquis pour 100 000,00 €, sans apport, au moyen d'un prêt bancaire commun. Ledit bien sert d'investissement locatif pour les époux. Finalement, l'emprunt est remboursé uniquement par B. Au jour de la rupture, le bien est évalué à 125 000,00 €.
Lors de la rupture, il convient de répondre à une triple question successivement (si oui à une question, passer à la suivante ; si non à une question, pas besoin de répondre aux questions suivantes, une créance sera admise) :
• Le bien acquis est-il destiné à l'usage de la famille ? Non, dès lors qu'il s'agit d'un bien locatif destiné à constituer une épargne. Par suite, une créance sera admise.
Pour déterminer la nature et le montant de cette créance, il convient de répondre à cette question :
• Était-ce une dépense de conservation ou d'amélioration d'un bien indivis ? Oui, dès lors que la surcontribution résulte du remboursement des échéances de l'emprunt. Par suite, une créance sur le fondement de l'article 815-13, alinéa 1er du Code civil sera admise.
Ladite créance sur l'indivision sera égale à la plus forte des deux sommes entre le profit subsistant et la dépense faite. Et cela vaut pour chacun des deux indivisaires.
Dépense faite de A = 0,00 €.
Dépense faite de B = 100 000,00 € (négligeons les intérêts d'emprunts supposés d'un taux insignifiant).
Profit subsistant de A = (Financement total de l'indivisaire) × (Valeur du bien au jour de la liquidation de l'indivision) / (Valeur initiale du bien indivis) = 0,00 × 125 000,00 / 100 000,00 = 0,00 €.
Profit subsistant de B = (Financement total de l'indivisaire) × (Valeur du bien au jour de la liquidation de l'indivision) / (Valeur initiale du bien indivis) = 100 000,00 × 125 000,00 / 100 000,00 = 125 000,00 €.
On retiendra par conséquent pour A l'absence de créance contre l'indivision, et pour B une créance contre l'indivision égale au profit subsistant, soit la somme de 125 000,00 € ; laquelle somme sera portée à l'actif du compte individuel de B et au passif du compte général d'indivision.
L'actif brut indivis est de 125 000,00 €, valeur du bien au jour de la liquidation. L'actif net indivis s'élève donc à 125 000,00 – 125 000,00 = 0. Il est à partager en deux, soit zéro à chacun.
A trouvera donc 0 dans l'indivision et B trouvera 125 000,00 €.

La contribution aux charges du mariage – immeuble indivis des époux séparés de biens – dépenses d'investissement – immeuble de rapport – créance contre l'indivision

Au cours de l'union, A et B, époux séparés de biens, acquièrent un bien immobilier en indivision, à hauteur de moitié chacun. Le bien est acquis pour 100 000,00 €, sans apport, au moyen d'un prêt bancaire commun. Ledit bien sert d'investissement locatif pour les époux. Finalement, l'emprunt est remboursé par B à hauteur de 75 000,00 € et par A à hauteur de 25 000,00 €. Au jour de la rupture, le bien est évalué à 125 000,00 €.
Lors de la rupture, il convient de répondre à une triple question successivement (si oui à une question, passer à la suivante ; si non à une question, pas besoin de répondre aux questions suivantes, une créance sera admise) :
• Le bien acquis est-il destiné à l'usage de la famille ? Non, dès lors qu'il s'agit d'un bien locatif destiné à constituer une épargne. Par suite, une créance sera admise.
Pour déterminer la nature et le montant de cette créance, il convient de répondre à cette question :
• Était-ce une dépense de conservation ou d'amélioration d'un bien indivis ? Oui, dès lors que la surcontribution résulte du remboursement des échéances de l'emprunt. Par suite, une créance sur le fondement de l'article 815-13, alinéa 1er du Code civil sera admise.
Ladite créance sur l'indivision sera égale à la plus forte des deux sommes entre le profit subsistant et la dépense faite. Et cela vaut pour chacun des deux indivisaires.
Dépense faite de A = 25 000,00 € (négligeons les intérêts d'emprunts supposés d'un taux insignifiant).
Dépense faite de B = 75 000,00 € (négligeons les intérêts d'emprunts supposés d'un taux insignifiant).
Profit subsistant de A = (Financement total de l'indivisaire) × (Valeur du bien au jour de la liquidation de l'indivision) / (Valeur initiale du bien indivis) = 25 000,00 × 125 000,00 / 100 000,00 = 31 250,00 €.
Profit subsistant de B = (Financement total de l'indivisaire) × (Valeur du bien au jour de la liquidation de l'indivision) / (Valeur initiale du bien indivis) = 75 000,00 × 125 000,00 / 100 000,00 = 93 750,00 €.
On retiendra par conséquent pour A comme pour B une créance contre l'indivision égale au profit subsistant, pour A la somme de 31 250,00 € et pour B la somme de 93 750,00 € ; lesquelles sommes seront portées à l'actif de leurs comptes individuels respectifs et au passif du compte général d'indivision.
L'actif brut indivis est de 125 000,00 €, valeur du bien au jour de la liquidation. L'actif net indivis s'élève donc à 125 000,00 – (31 250,00 + 93 750,00) = 0. Il est à partager en deux, soit zéro à chacun.
A trouvera donc 31 250,00 € dans l'indivision et B trouvera 93 750,00 €.