– Intervention du législateur. – Aujourd'hui le concubinage n'est plus dans une sphère de non-droit, dès lors que ce mode de conjugalité bénéficie de droits et de devoirs, par déduction de la doctrine et création prétorienne. L'insécurité juridique à laquelle sont actuellement confrontés les concubins est évidente du fait du silence de la loi. Ainsi désormais, ces couples en union libre, qu'ils le veuillent ou non, rentrent de facto dans le cadre juridique. Ce faisant, ayant peu à peu perdu ce qui faisait l'attrait de leur mode d'union, ils sont légitimes à attendre du législateur des règles qui leur conféreraient une bien meilleure sécurité.
Les propos qui précédent nous invitent à considérer le concubinage comme une source de contentieux inutile, notamment concernant les concubins trop généreux. Par suite, le législateur est invité à aller au-delà de la définition du concubinage. Oui, mais comment ? Cette interrogation soulève, depuis de nombreuses années déjà, des débats en doctrine. Si plusieurs auteurs ont proposé l'affirmation d'un statut réglementé pour les concubins150, d'autres y étaient réticents151.
Afin de respecter le pluralisme des modes de conjugalité imposé par la Cour européenne des droits de l'homme, le législateur doit continuer de renoncer à l'idée de codifier un véritable « statut du concubinage » dans le Code civil. Seul le droit patrimonial des concubins nous semble devoir faire l'objet d'une codification.
Rester dans la logique de règles éparses concernant le concubinage, tel sera l'objectif de cette évolution. La jurisprudence émergente en matière de « contribution aux charges du ménage des concubins » devrait guider le législateur contemporain. En effet, insérer un nouvel article dans le Code civil pour déterminer le sort des concubins trop généreux pourrait être la solution.
Celui-ci pourrait comprendre les deux alinéas détaillés ci-après.
Codifier le droit patrimonial des concubins
Insérer un nouvel article dans le Code civil visant à entériner la jurisprudence émergente de la Cour de cassation concernant la contribution aux charges du ménage des concubins.