Obligations réciproques

Obligations réciproques

Rapport du 120e Congrès des notaires 2024 - Dernière date de mise à jour le 31 janvier 2024
– Liberté contractuelle. – Comme le dispose l'article L. 132-3 du Code de l'environnement, le contrat d'ORE doit contenir les engagements réciproques des parties en faveur de la biodiversité et des fonctions écologiques. Elles sont libres de les définir, à la condition de respecter ces finalités.
Le texte accorde donc une grande place à la liberté contractuelle.
Il peut s'agir d'obligations de faire ou de ne pas faire.
Comme le souligne un rapport du gouvernement au Parlement, publié en 2021314 : « Il appartient aux parties de décider librement des mesures les plus adaptées aux enjeux environnementaux identifiés sur une ou plusieurs parcelles, du calendrier éventuel des actions successives ou encore des conditions de révision et de sortie de l'accord. Cette grande souplesse permet de rédiger des accords au plus près des problématiques locales, dans une logique de confiance envers les acteurs locaux ».
Dans son guide pratique, l'Institut d'études juridiques donne une série d'exemples d'obligations de faire et de ne pas faire.
Cela peut être le fait de planter des haies, restaurer une continuité écologique, gérer une forêt de façon respectueuse, ou encore restaurer un plan d'eau.
Cela peut aussi consister à ne pas artificialiser un terrain, ne pas employer de produits phytosanitaires, ne pas couper des arbres, ou encore ne pas utiliser de substances polluantes.
En matière de compensation environnementale, ce sont les mesures qui auront été déterminées par le porteur de projet et validées par l'administration qui seront contractualisées dans l'ORE.
– Étendue des droits du propriétaire. – Une fois l'ORE mise en place, et compte tenu des obligations dont il est tenu vis-à-vis de son cocontractant, quelle est l'étendue des droits du propriétaire sur son terrain ?
Il peut être dépossédé de son droit de jouissance si l'ORE confère ce droit à son cocontractant ou à un opérateur de compensation.
Il peut en principe continuer à percevoir les fruits tirés de sa propriété, mais cela induit également qu'il doit en assumer les charges, à l'exception de celles qui devraient être assumées par son cocontractant.
Il conserve la liberté de vendre son bien, en revanche les actes de disposition sont limités comme cela a été vu précédemment.
Peut-il hypothéquer son bien grevé d'une ORE ? Cela ne nous paraît pas interdit et ne devrait pas avoir d'effet sur le droit de poursuite du bénéficiaire de l'inscription hypothécaire. En revanche, il est probable que cela puisse avoir des conséquences sur la valeur du bien vis-à-vis de ce dernier.