– Panorama du système américain. – Les États-Unis ont été le premier pays à s'être doté d'une législation en matière de lutte contre les atteintes à la biodiversité.
Les notions d'atténuation et de compensation sont énoncées au niveau fédéral dès le Fish and Wildlife Coordination Act de 1958, mais ne revêtaient pas un caractère obligatoire. Il en est par la suite allé autrement avec la loi sur la propreté de l'eau (Clean Water Act) du 18 octobre 1972, qui vise à réguler les rejets dans les eaux américaines, y compris dans les zones humides, et la loi sur les espèces menacées (Endangered Species Act) du 28 décembre 1973 qui prévoit les mesures de protection et de rétablissement des espèces et de leurs écosystèmes.
Les mesures de compensation sont de plusieurs types :
- banques d'atténuation (Mitigation Banks). Une banque d'atténuation est constituée d'un site ou d'un ensemble de sites où les ressources naturelles sont restaurées, définies, améliorées et/ou préservées afin d'obtenir une « atténuation compensatoire » des impacts négatifs autorisés par les services du ministère fédéral de la Défense. Ces banques vendent des « crédits d'atténuation compensatoire » (Compensatory Mitigation Credits) aux titulaires des autorisations. Cela permet également au porteur de projet de transférer à la banque de compensation l'obligation de mettre en œuvre les mesures de compensation ;
- les programmes de « redevance de remplacement » (In-Lieu Fee Programs). Ces fonds provenant directement des porteurs de projet ont pour objet, d'une part, de participer à la restauration, la définition, l'amélioration et/ou la préservation des ressources aquatiques et, d'autre part, de financer une entité gouvernementale ou non lucrative de gestion des ressources naturelles. Tout comme les banques d'atténuation, un programme de « redevance de remplacement » permet de vendre des crédits d'atténuation compensatoires aux entités titulaires des autorisations. Lorsqu'une vente de crédits d'atténuation compensatoires intervient, l'obligation de mettre en œuvre des « atténuations compensatoires » est transférée de l'auteur des effets indésirables sur l'environnement au promoteur d'un programme de remplacement ;
- atténuation par le détenteur de l'autorisation (Permittee-Responsible Mitigation). La loi fédérale américaine permet au porteur de projet, détenteur d'une autorisation d'effectuer des travaux susceptibles de porter atteinte à l'environnement, de réaliser lui-même des mesures d'atténuation des effets dommageables à l'environnement. Dans ce cadre, le porteur de projet procède à la restauration, la définition, l'amélioration et/ou la préservation d'une ressource aquatique ou d'espèces menacées ;
- les sites de conservation (Conservation Banks). Ils sont constitués d'espaces contenant des ressources naturelles, protégées de façon permanente, conservées et gérées du fait de l'existence d'espèces en danger, d'espèces menacées ou en voie de classement sur une liste de protection, ou encore de toute autre espèce qui encourt un danger. Il peut s'agir d'espaces privés, tribaux ou de biens publics ;
- les crédits d'échange habitat (Habitat Credit Exchanges). Ils reposent sur un marché de l'environnement fonctionnant comme une chambre de compensation dans laquelle les administrateurs (qui peuvent être des entités publiques ou privées), agissant comme des promoteurs de l'atténuation des dommages, gèrent des crédits de transaction entre les fournisseurs d'atténuations compensatoires (les propriétaires) et les personnes titulaires d'une autorisation.