– Codifier les contours de l'aide matérielle réciproque entre partenaires,
cousine de la contribution aux charges du ménage et non petite sœur
. – Il semble également opportun que le législateur s'attache à mettre un terme au contentieux afférant à l'aide matérielle réciproque. À ce jour, il apparaît comme une évidence que l'évolution suggérée par la jurisprudence n'est ni envisageable ni souhaitable pour les partenaires qui choisissent de s'unir en mairie ou pour ceux qui régularisent un contrat notarié. Utiliser l'outil législatif pour entériner les contours de l'aide matérielle réciproque nous semble une opportunité à saisir.
Il convient désormais de proposer au législateur d'appréhender les partenaires séparés de biens, en entérinant une solution antinomique à la contribution aux charges du mariage. Aujourd'hui les partenaires choisissent en majorité le régime légal de la séparation des patrimoines et refusent ainsi un esprit communautaire de leur mode de conjugalité, lequel est pourtant sous-entendu par la jurisprudence. L'insécurité juridique à laquelle sont actuellement confrontés les partenaires est évidente du fait du silence de la loi. Ainsi désormais, ces couples, qu'ils le veuillent ou non, rentrent de facto dans l'esprit communautaire au regard de leur logement commun. Ce faisant, ayant peu à peu compris l'attrait de leur mode d'union, ils peuvent attendre du législateur non pas une assimilation au mariage, mais une véritable indépendance patrimoniale.
Les propos qui précédent nous invitent à considérer le Pacs comme une source de contentieux inutile, notamment concernant les partenaires séparés de biens trop généreux. Par suite, le législateur est invité à aller au-delà du régime légal de la séparation des patrimoines. Afin de respecter le pluralisme des modes de conjugalité, imposé par la Cour européenne des droits de l'homme, le législateur doit continuer de renoncer à l'idée de rapprocher le Pacs du mariage. Rester dans la logique de l'indépendance patrimoniale des partenaires, tel sera l'objectif de cette évolution. La jurisprudence émergente en matière de contribution aux charges du ménage des partenaires devrait guider le législateur contemporain. Plus précisément, il doit absolument s'en écarter.
Supprimer l'aide matérielle réciproque entre les partenaires et mettre un terme à la jurisprudence relative à la contribution aux charges du ménage des partenaires
Au regard de l'argumentaire dans les développements qui précèdent, une proposition émanera de nos travaux.
Elle comprendra les deux volets suivants :
- modifier l'article 515-4 du Code civil pour supprimer toute référence à l'aide matérielle ;
- proposer un nouvel article 515-4-1 à la suite, afin de neutraliser la jurisprudence émergente de la Cour de cassation concernant la contribution aux charges du ménage des partenaires.