Les unités de compensation, de restauration ou de renaturation

Les unités de compensation, de restauration ou de renaturation

Rapport du 120e Congrès des notaires 2024 - Dernière date de mise à jour le 31 janvier 2024
– UCRR. – Les actions de restauration ou de développement d'éléments de biodiversité, dès lors qu'elles génèrent un gain écologique, sont converties en « unités de compensation, de restauration ou de renaturation » (UCRR).
Ces UCRR peuvent être vendues par les personnes qui ont été à l'origine des actions de restauration ou de développement d'éléments de biodiversité.
Il ne s'agit pas de vendre un terrain correspondant à un certain nombre d'unités de compensation, mais plus d'un service lié aux mesures compensatoires imposées au demandeur.
Elles ne sont pas réservées aux porteurs de projet soumis à une obligation légale de compensation : elles peuvent être vendues à toute autre personne publique ou privée.
Cela explique, nous semble-t-il, que le législateur ait pris soin de distinguer les termes de « compensation », de « restauration » et de « renaturation » dans le texte.
À titre de rappel, la restauration écologique peut être définie comme une action mise en œuvre sur un milieu dégradé pour faire évoluer le milieu vers un état plus favorable à son fonctionnement ou à sa biodiversité.
La renaturation se définit quant à elle comme un ensemble d'actions d'amélioration de la fonctionnalité d'un sol, ayant pour effet de transformer un sol artificialisé en un sol non artificialisé. C'est ainsi une forme incomplète de restauration ne portant que sur le sol.
Autrement dit, la compensation au titre de la séquence ERC peut prendre la forme d'actions de restauration ou de renaturation, mais à l'inverse il peut y avoir restauration ou renaturation sans nécessairement que de telles actions soient entreprises dans le cadre de mesures de compensation imposées par l'autorité administrative en contrepartie de l'accord de réaliser un projet immobilier.
– Avantages du nouveau dispositif. – Ce nouveau dispositif présente un double avantage pour le porteur de projet.
D'une part, ses besoins en termes de compensation peuvent être anticipés.
D'autre part, une mutualisation des besoins de compensation est permise. Une même unité de compensation ne peut cependant pas servir à deux projets distincts. Mais il est désormais possible de regrouper un ensemble de mesures de compensation relevant de plusieurs porteurs de projet différents sur un même site. Par ailleurs, une même UCRR peut répondre à un besoin de compensation faisant appel à des mesures de différentes natures.
De la même manière que pour l'agrément d'un SNCRR, un décret est attendu pour préciser la nature et les modalités de vente des UCRR.
Certaines améliorations du dispositif seront les bienvenues.
En particulier, il serait utile de créer une bourse des UCRR afin que tout porteur de projet puisse utilement et rapidement solliciter l'opérateur du SNCRR.
Il serait également intéressant que les cessions d'UCRR soient soumises à une forme de publicité dans un registre tenu à la disposition du public.
Outre le fait de participer à la bonne information du public, cela permettrait aux porteurs de projet de disposer de référentiels sur un même SNCRR.
La question se posera du sort des UCRR non consommées par le porteur de projet : ce dernier ne devrait pas avoir la possibilité de les céder à un tiers, afin d'éviter une surenchère qui serait selon nous un moyen trop simple de contourner les objectifs du Code de l'environnement. Toutefois, les UCRR dont le porteur de projet n'a plus besoin devraient faire retour automatiquement au porteur du SNCRR, afin que ce dernier puisse les remettre sur le marché.
Enfin, le Comité national de l'expérimentation d'offre de compensation a été mis en place par le ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie en 2009. Espérons qu'il sera maintenu et son rôle de régulateur précisé afin d'assurer un contrôle de ce dispositif et des opérateurs de SNCRR.