Il est difficile de déterminer l'origine du mécanisme consistant à appliquer une règle à une personne qui n'exprime pas de volonté particulière.
Des auteurs identifient les prémices du régime supplétif de volonté dès l'Ancien Régime (1500-1800), car les époux étaient libres de choisir leur régime matrimonial (sauf en Normandie) et qu'à défaut de choix, et même de contrat, ils étaient considérés avoir tacitement choisi le régime du lieu de leur premier domicile conjugal (lex rei sitae).
Finalement, le régime supplétif n'est-il pas inhérent au droit coutumier, qui est un droit territorial ? Le droit qui s'applique est celui de la tribu, celui des usages, le seul qui est connu des époux et de leur famille. L'expression d'un choix n'était pas nécessaire car il n'existait pas de solution alternative, pas de choix.
Le régime supplétif de volonté ne trouverait-il pas son explication dans cette conception territoriale du droit coutumier, majoritairement appliqué sur notre territoire ?
D'ailleurs, les pays de coutume prévoyaient la possibilité de choisir un régime matrimonial seulement quand les familles étaient issues de territoires différents, et donc de coutumes différentes.