Lors de la Révolution française, et conformément à l'idéologie de ce mouvement, le principal objectif fut la « Liberté ». Ainsi fut décidé le principe de liberté matrimoniale et de liberté des conventions matrimoniales, reprises dans le Code civil (après de longs débats). Certes cette liberté, pilier idéologique de la Révolution, était parfaitement conciliable avec la diversité des régimes (chacun opterait pour le régime local habituel, celui de son choix). Toutefois, cette liberté des conventions matrimoniales était une opposition majeure à l'unification du droit (souhait qui aurait dû conduire à imposer un régime unique pour tous).
Si un régime unique avait été mis en place, comme dans la coutume, il n'aurait sans doute pas été nécessaire d'édicter un principe supplétif de volonté. C'est parce que les rédacteurs du Code civil avaient permis un choix qu'il fallut organiser juridiquement l'absence de choix. En outre, l'enjeu était de ne surtout pas voir perdurer dans les régions des régimes anciens coutumiers par l'absence de choix exprimé par les époux. Il fallait donc organiser légalement le régime unique et commun à tous les époux qui n'avaient pas exprimé de choix.
Dans ce domaine encore, les rédacteurs du Code civil se sont inspirés de la Coutume de Paris, et c'est ainsi que la rédaction de l'article 1387 du projet de l'an VIII prévoyait : « La loi ne régit l'association conjugale, quant aux biens, qu'à défaut de conventions spéciales que les époux peuvent faire comme ils le jugent à propos… ». Le régime légal est avant tout un régime supplétif. La priorité est donnée aux conventions matrimoniales et à la liberté des époux.
De nos jours, l'enjeu de l'unification du droit et la crainte de voir réapparaître d'anciens droits coutumiers différents d'une région à l'autre ne sont plus d'actualité.