Lorsqu'un client lui demande des conseils dans le cadre de son acquisition immobilière à l'étranger, le notaire doit délimiter son action et sa responsabilité. Il est ici rappelé que selon l'article 3 du Code civil, le notaire n'a pas le droit de dresser des actes en dehors du territoire français. Il ne pourra qu'assister l'acquéreur pour trouver la personne habilitée localement à établir un acte de vente et attirer l'attention de son client sur un certain nombre de points de vigilance. Il est à noter qu'en cas d'intervention dans un acte signé à l'étranger, le notaire cumule sa responsabilité avec celle du notaire local donc il peut suivre le dossier tout en le laissant officier selon sa réglementation.
La première formalité à accomplir est de faire signer une lettre de mission au client acquéreur. Plus amplement développée ci-dessous, la lettre de mission doit comporter une clause d'electio juris afin d'établir quelle est la loi applicable à la lettre de mission. Il semble évident que la loi applicable doit être la loi française puisqu'en cas de litige avec le client, cela permettra de retenir la procédure en France et d'éviter tous frais judiciaires et d'avocat à l'étranger.
La lettre de mission doit clairement délimiter le rôle que le notaire est appelé à jouer dans le processus d'acquisition immobilière à l'étranger. Elle doit refléter la prudence du notaire dans son action auprès de son client, tant du point de vue de la sécurisation du contrat que son client s'apprête à signer, que de ses conséquences. Il est conseillé d'indiquer que le client va être accompagné dans le choix d'un notaire ou d'un juriste compétent pour recueillir la signature de l'acte de vente. Le notaire doit indiquer qu'il ne peut pas sécuriser l'achat puisqu'il ne maîtrise pas les subtilités du régime juridique local de la vente immobilière.
Il est bien entendu que le notaire et l'acquéreur doivent définir les modalités financières de l'intervention du notaire. Cela fait l'objet d'une convention d'honoraires qui doit être approuvée et signée en amont par le client. Un tarif forfaitaire ou selon un taux horaire peut être envisagé.
Dès lors qu'il a limité sa responsabilité dans le cadre de son intervention, le notaire peut débuter son travail de conseil auprès de son client et organiser les conditions d'une sécurité juridique du contrat qu'il s'apprête à signer.
Le coin du praticien
La lettre de mission peut par exemple comporter les termes suivants :
« Cher Monsieur,
Vous avez sollicité mon assistance dans le cadre de votre acquisition d'un bien immobilier situé à [adresse du bien objet de la vente] et je vous remercie pour cette marque de confiance.
La présente lettre a pour objet de confirmer le contenu de ma mission et de définir les conditions de notre collaboration. N'officiant pas en dehors du territoire français, je ne peux pas sécuriser votre acquisition immobilière. Je vous accompagne dans le choix d'un notaire ou un juriste compétent localement pour recueillir l'acte de vente.
Nos relations seront régies par la loi française.
Je vous remercie de bien vouloir me retourner un exemplaire de la présente, revêtu de votre signature.
Je me tiens à votre disposition si vous souhaitez obtenir des informations complémentaires.
Dans l'attente de vous lire,
Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments dévoués.
Signatures : Maître (notaire) Monsieur (client) »