La voiture autonome : la voiture loisir

La voiture autonome : la voiture loisir

Rapport du 114e Congrès des notaires de France - Dernière date de mise à jour le 31 janvier 2018
– La révolution de la voiture autonome. – La voiture autonome apparaîtra bientôt dans nos vies. Qu'y changera-t-elle ? Pour répondre à cette question, prenons un instant les ailes de l'imagination et transportons-nous jusqu'à demain.
Si son efficacité se mesure à un équilibre entre liberté, rapidité, fonctionnalité, coût, sécurité et confort (V. n° ), l'automobile permet assurément de gagner de la marge de manœuvre sur les deux derniers points.
Conçue pour conserver des distances de sécurité, freiner, piler si nécessaire, la voiture autonome est le nec plus ultra de la sécurité routière 1502122901586. Plus qu'aux risques de chocs, les constructeurs apportent toute leur attention à la cybersécurité, conscients qu'un détournement informatique massif permettant de prendre le contrôle des véhicules connectés pourrait entraîner une catastrophe sans précédent.
Le pilote a dans son habitacle un confort équivalent à celui de ses passagers. Dès lors, les constructeurs rivalisent en ingéniosité pour rendre l'habitacle aussi confortable que possible. Au gré du conducteur… et de son budget, la voiture devient un bureau, une salle de jeux ou de télévision, voire une cuisine. Le temps passé dans l'automobile n'est plus du temps perdu sur le reste de la vie du chauffeur.
Il y gagne également en liberté en pouvant rouler de nuit, endormi à son volant, voire en fonctionnalité en choisissant un véhicule adapté aux volumes à transporter.
La véritable révolution de la voiture autonome réside dans le cumul de ces nouveaux avantages.
– Les écueils à éviter. – Le coût du véhicule n'a été une limite que de courte durée. Comme tant de produits avant lui, hors de prix à sa sortie sur le marché, il est entré rapidement dans le budget des masses médianes…
… Mais même l'imagination a ses limites.
Pour dépasser le stade du besoin fondamental et atteindre celui d'un plaisir pur, la voiture autonome devra prosaïquement conserver la faculté de rallier deux points dans un délai raisonnable. À défaut, elle aura perdu un de ses attributs principaux : la rapidité.
Les partisans de la voiture autoconduite la prétendent capable de raréfier les ralentissements, en roulant sur la file de droite sur les autoroutes, en supprimant les à-coups, en respectant les panneaux et les marquages au sol. Il est cependant douteux que ce scénario soit possible si la circulation automobile continue d'augmenter comme elle le fait depuis des décennies.
– La nécessité d'un cadre réglementaire. – La voiture autonome a besoin d'un cadre réglementaire. Du fait de son apparition ex nihilo dans un contexte planétaire, son encadrement juridique mérite une résonance mondiale. Pour l'heure, la législation internationale en la matière dépend de la Convention de Vienne sur la circulation routière entrée en vigueur le 21 mai 1977 et stipulant dans son article 8 que « tout conducteur doit constamment avoir le contrôle de son véhicule ».
En France, une ordonnance du 3 août 2016 autorise à titre expérimental la circulation sur la voie publique de véhicules à délégation partielle ou totale de conduite 1502134255390. Le régime juridique de la responsabilité et son assurance en cas d'accident sont néanmoins à inventer totalement, au risque d'ailleurs de multiplier les mises en cause des collectivités locales en cas de défaillance d'entretien du réseau routier.