Enfermer le smart contract dans une opposition bipartite peut sembler artificiel. Cette approche revient à considérer l'acte de qualifier comme une opération de classement sans autre objectif
https://books.openedition.org/putc/915?lang=fr#, no 24, consulté le 9 novembre 2020.
. Mais la qualification transforme le fait en droit. Elle « permet de saisir le réel »
F. Terré, L'influence de la volonté individuelle sur les qualifications, LGDJ, 1957, no 636.
. Au-delà de son effet structurant, la qualification emporte l'application d'un régime juridique.
Les enjeux du débat
Les enjeux du débat
Rapport du 117e Congrès des notaires de France - Dernière date de mise à jour le 31 janvier 2021
L'acte juridique se définit comme une manifestation de volonté ayant l'objectif de produire un effet juridique
G. Cornu, Vocabulaire juridique, PUF, 13e éd., 2020, p. 19.
. Le fait juridique est un agissement intentionnel ou non auquel la loi attache une conséquence juridique
G. Cornu, Vocabulaire juridique, op. cit., p. 444-445.
. La distinction ne tient pas à l'intention d'agir, mais à la volonté d'engendrer un effet de droit. « Les réalités concrètes rendent les qualifications extrêmement difficiles »
F. Terré, L'influence de la volonté individuelle sur les qualifications, op. cit., no 636.
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L'acte juridique dans les droits anglo-saxons : éléments de réflexion
Les droits anglo-saxons ne connaissent pas l'acte juridique. Néanmoins, ils retiennent également une classification bipartite. Le contract est une promesse ou un accord entre les parties. Il les engage. Le tort est la situation dans laquelle la violation d'une règle de droit, d'un devoir légal ou moral oblige la personne qui l'a commise à réparer le dommage causé. Comme en droit français, la notion de volonté est déterminante. Le contract est un acte de volonté tandis que le tort crée des effets de droit non recherchés.
La Common Law est basée sur une approche casuistique. Les droits anglo-saxons se fondent sur les précédents cas jugés pour classifier chaque situation. La logique est inverse au droit latin. Pourtant, l'objectif est similaire au droit français : qualifier. Chaque tort a un régime juridique. Il diffère selon la matière, qu'il s'agisse de la preuve, de la responsabilité, etc.
Ce regard porté sur le droit anglo-saxon atteste du bien-fondé de la démarche de qualification juridique du smart contract. Ce n'est pas une problématique franco-française, mais bien une étape nécessaire à l'application du droit.
? Capacité. ? À la différence du fait juridique, l'acte juridique suppose la capacité des parties. La volonté sous-tend la capacité. Une personne à l'origine d'une opération doit pouvoir appréhender les conséquences de sa décision.
? Preuve. ? La qualification entre acte ou fait juridique présente un enjeu de taille en la matière. La preuve du fait juridique est libre. Celle de l'acte juridique est préconstituée par un écrit (C. civ., art. 1364).
? Autonomie. ? Les actes juridiques peuvent vivre par eux-mêmes. Ils ont une existence propre. Les faits juridiques licites (quasi-contrats) et illicites (délits et quasi-délits) doivent être reconnus en justice
J. Carbonnier, Droit civil, Les biens, les obligations, PUF, 2002, no 314.
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