La responsabilité sans faute existe déjà. L'autonomie naissant de l'évolution des nouvelles technologies est propice à son développement.
Le raisonnement est analogue en matière de smart contract. Le développer nécessite de déplacer la responsabilité de son fonctionnement défectueux vers son programmeur. Les cocontractants ne comprennent pas nécessairement le code informatique et n'ont pas d'emprise sur son exécution. Ils en perdent le contrôle.
L'exemple des véhicules autonomes
L'autonomie a pour objectif de retirer au conducteur toute préoccupation quant au fonctionnement du véhicule. Il enregistre la destination à atteindre puis se laisse véhiculer. Actuellement, l'autonomie de ces véhicules n'a pas encore atteint le stade final. La loi Badinter591, imputant la responsabilité au conducteur, continue de s'appliquer. Le conducteur est donc responsable alors même qu'objectivement, il n'a commis aucune faute. Imputer la faute au conducteur a une logique indemnitaire. Dans l'avenir, il est probable que la responsabilité glisse vers le fabricant ou le concepteur592 compte tenu de la perte progressive du pouvoir d'usage, de direction et de contrôle. Pour que le marché des véhicules autonomes se développe, cette évolution sera indispensable. Elle est préconisée par le Parlement européen dans sa résolution du 12 février 2019593.